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Congo Télécom change bientôt de statut

TÉLÉCOMMUNICATIONS

 

À travers la restructuration annoncée mercredi lors du Conseil des ministres, le gouvernement estime redonner à l’opérateur public des télécommunications de nouveaux outils juridiques et techniques afin qu’il relève le défi de l’implémentation de l’économie numérique.

 

Instruite depuis plusieurs années, la réorganisation de l’opérateur public répond à l’enjeu règlementaire et institutionnel posé par le déploiement des infrastructures à haut débit.

Le processus s’inscrit dans le projet des réformes structurelles des entreprises publiques, annoncé par le gouvernement.

Si l’information donnée, mercredi par le Conseil des ministres, ôte désormais tout préjugés autour du dossier, elle affirme l’aboutissement d’un processus attendu.

Société anonyme unipersonnelle et « propriété exclusive de l’Etat », Congo Télécom va revêtir, dans les prochains jours, le statut de société anonyme.

Le processus de mutation est arrivé à son terme, a affirmé le gouvernement.

Ce statut de société à capitaux, ouvrira à Congo Télécom l’entrée des actionnaires et l’existence d’un conseil d’administration.

Il ne fait nul doute que l’Etat cherche à capitaliser d’importants investissements publics engagés depuis près d’une décennie.

L’écosystème du numérique se corse davantage avec le déploiement presque à terme de la fibre optique de Pointe-Noire à Ouesso, grâce aux infrastructures financées par l’Etat. D’ailleurs, la phase 3 du projet de couverture nationale en télécommunications va bientôt connecter les ménages au haut débit, à en croire les prévisions annoncées par l’opérateur historique.

L’implémentation du haut débit s’adosse, par ailleurs, au projet dit Central africa backbone (CAB), initiative sous-régionale, dont la première phase reliera le Congo au Gabon dans les prochaines semaines. L’embellie des offres 3G et 4G des opérateurs privés et le déploiement progressif des services à valeur ajoutée amorce l’entrée d’une nouvelle ère d’une économie numérique.

Un tableau attractif dans lequel l’opérateur historique, sous sa forme actuelle, risque de ne côtoyer que les marges, alors que le développement numérique est en pleine croissance. Congo Télécom connaît une situation difficile, tant sur les plans managériaux que financier et technique. En engageant ces réformes, le gouvernement estime pour Congo Télécom « relever le défi d’être le principal levier grâce auquel l’Etat pourra impulser et accompagner la modernisation du secteur et favoriser l‘implémentation d’une véritable économie numérique ».

La redynamisation de Congo Télécom, selon le gouvernement, devra se pencher sur des options commerciales et techniques comme « le positionnement de la société sur les marchés de gros et de détail, la dissociation éventuelle des activités de gros (vente de capacités aux opérateurs et autres fournisseurs d’accès) et de détail (services télécoms pour le grand public, entreprises et particuliers) et la problématique de la gestion des infrastructures de télécommunications financées par l’Etat ».

Endetté, l’opérateur historique éprouve, en effet, des difficultés à rentabiliser les investissements publics. Les différents tableaux dressés par le régulateur ne font aucune mention d’une société, dont les servicesbordent de manière efficace les parts de marchés détenues par les privés.

En novembre dernier, le ministre de tutelle, Léon Juste Ibombo, soulignait que les réformes initiées par le gouvernement visent à « préserver », « rentabiliser» et « maximiser » les infrastructures à très haut débit consenties par l’Etat. Il s’agit, précisait-il, de « positionner Congo Télécom comme un opérateur historique fort, afin de redonner à cette société ses lettres de noblesse pour qu’elle joue pleinement son rôle dans ce secteur en pleine mutation ».

Une intention qu’assimilait mal l’intersyndicale des travailleurs de la société. Dans une déclaration du 5 décembre dernier, les travailleurs contestaient le projet de restructuration estimant ce dossier mal négocié et qu’il devrait menacer la survie de l’entreprise. Les travailleurs redoutaient, en effet, l’idée de création d’une société de patrimoine, chargée de gérer les infrastructures de télécommunications de l’Etat.

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